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Dividendes : flat tax (PFU) ou barème progressif

PFU à 30 % ou barème progressif avec abattement de 40 % : le dividende net comparé tranche par tranche, l'acompte de 12,8 % et les seuils de dispense.

Sur un compte-titres ordinaire, un dividende d'action française peut être imposé de deux façons : la flat tax, soit le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30 %, ou le barème progressif de l'impôt sur le revenu avec l'abattement de 40 %. Le PFU s'applique par défaut, le barème sur option expresse, et l'arbitrage se joue sur une seule variable : la tranche marginale d'imposition (TMI) du foyer. Cette page pose le calcul net pour 1 000 € de dividendes bruts, tranche par tranche, et donne le seuil de TMI où les deux routes s'inversent.

Flat tax ou barème progressif : la réponse courte

Le PFU à 30 % se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, calculés sur le dividende brut, sans abattement. L'option au barème taxe une base réduite : 60 % du brut après l'abattement de 40 %, diminués de la fraction déductible de CSG (6,8 % du brut), tandis que les 17,2 % de prélèvements sociaux continuent de porter sur le brut entier. La comparaison tient alors en une ligne : 12,8 % de taux fixe d'un côté, la TMI du foyer appliquée à 53,2 % du brut de l'autre. Les deux montants s'égalisent pour une TMI de 24,1 % (12,8 divisé par 53,2), ce qui place la frontière entre la tranche à 11 % et la tranche à 30 %. Les taux cités ici sont ceux en vigueur en octobre 2026, et chaque loi de finances peut les déplacer. Le rendement affiché par une action reste, lui, un chiffre d'avant impôt : voir le rendement du dividende pour la mécanique du brut.

Le calcul posé sur 1 000 € de dividendes bruts

Le panneau ci-dessous regroupe en tête de requête les quatre taux qui pilotent tout le reste : 12,8 % d'impôt forfaitaire, 17,2 % de prélèvements sociaux, 40 % d'abattement et 6,8 % de CSG déductible. Il les applique à 1 000 € de dividendes bruts versés par une société soumise à l'impôt sur les sociétés, pour chacune des cinq tranches du barème. Quand un taux change, une seule ligne de la requête bouge et toute la comparaison se recalcule.

RequêteDividende net pour 1 000 € bruts : PFU contre barème progressif, par TMI
tmi_bucketnet_pfu_eurnet_bareme_eurecart_bareme_moins_pfu_eurtaux_global_pfu_pcttaux_global_bareme_pcttaux_bareme_label
0 %7008281283017.217,2
11 %700769693023.123,1
30 %700668-323033.233,2
41 %700610-90303939
45 %700589-1113041.141,1
Le SQL exact derrière chaque chiffre
WITH
    1000.0 AS brut_eur,
    0.128  AS ir_pfu,
    0.172  AS prelevements_sociaux,
    0.40   AS abattement,
    0.068  AS csg_deductible
SELECT
    concat(toString(tmi), ' %')                                                   AS tmi_bucket,
    toInt32(round(brut_eur * (1 - ir_pfu - prelevements_sociaux)))                 AS net_pfu_eur,
    toInt32(round(brut_eur * (1 - prelevements_sociaux)
                  - brut_eur * (1 - abattement - csg_deductible) * tmi / 100))     AS net_bareme_eur,
    toInt32(round(brut_eur * (ir_pfu
                  - (1 - abattement - csg_deductible) * tmi / 100)))               AS ecart_bareme_moins_pfu_eur,
    toInt32(round((ir_pfu + prelevements_sociaux) * 100))                          AS taux_global_pfu_pct,
    round((prelevements_sociaux
           + (1 - abattement - csg_deductible) * tmi / 100) * 100, 1)              AS taux_global_bareme_pct,
    replaceAll(toString(round((prelevements_sociaux
           + (1 - abattement - csg_deductible) * tmi / 100) * 100, 1)), '.', ',')   AS taux_bareme_label
FROM
(
    SELECT arrayJoin([0, 11, 30, 41, 45]) AS tmi
)
ORDER BY tmi
Essayez cette requête

À une TMI de 0 %, le barème laisse 828 € nets contre 700 € au PFU, soit 128 € d'écart. À 11 %, l'avantage se réduit sans disparaître : 769 € nets, 69 € de mieux que la flat tax. À la tranche à 30 %, l'écart tombe à -32 € et le taux global prélevé au barème atteint 33,2 %, au-dessus des 30 % du PFU. Dans la tranche à 45 %, le prélèvement total représente 41,1 % du brut et le net revient à 589 €.

La courbe du barème est une droite qui croise l'horizontale du PFU une seule fois. C'est tout l'arbitrage, et il ne dépend ni du montant du dividende ni du nombre de titres détenus, puisque les deux régimes sont proportionnels au brut.

Ce que l'option au barème emporte avec elle

L'option s'exprime sur la déclaration de revenus, case 2OP, et vaut pour une seule année. Elle est globale : la même année, elle couvre l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values de cession du foyer, pas le seul dividende qui vous intéresse. Un foyer à TMI basse qui a réalisé une plus-value importante dans le même exercice compare donc deux totaux, pas deux lignes.

L'abattement de 40 % suppose par ailleurs une distribution éligible : bénéfices d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés ou à un impôt équivalent, dividende décidé en assemblée générale. Les frais et droits de garde du compte-titres se déduisent également dans ce régime, ce qui déplace le seuil de 24,1 % de quelques dixièmes vers le haut. Quant à la TMI à comparer, elle n'a pas besoin d'être estimée : elle figure en clair sur l'avis d'imposition, sous l'intitulé taux marginal d'imposition.

L'acompte de 12,8 % prélevé à la source

Le prélèvement n'attend pas la déclaration. À chaque mise en paiement, l'établissement payeur retient 30 % du brut : 12,8 % d'acompte d'impôt sur le revenu, appelé prélèvement forfaitaire non libératoire, et 17,2 % de prélèvements sociaux. Cet acompte n'est pas l'impôt définitif. Il s'impute sur l'impôt calculé l'année suivante, et l'excédent est restitué, y compris quand l'option au barème ramène l'impôt dû sous le montant déjà retenu.

Un foyer dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année reste sous 50 000 € pour une personne seule, ou 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune, peut demander la dispense de cet acompte. La demande se dépose auprès de chaque établissement payeur, au plus tard le 30 novembre de l'année qui précède le versement. Elle ne vise que les 12,8 % : les prélèvements sociaux restent retenus à la source dans tous les cas.

La retenue tombe à chaque versement, donc le rythme du payeur fixe le nombre de retenues dans l'année.

RequêteNombre de versements et dividende annuel par action, année 2025
tickerversementsmontant_annuel_par_actionmontant_labeldevise
O133.4873,49USD
AAPL41.031,03USD
KO42.042,04USD
MO44.164,16USD
PG44.17694,18USD
Le SQL exact derrière chaque chiffre
SELECT
    ticker,
    count()                                               AS versements,
    round(toFloat64(sum(montant)), 4)                     AS montant_annuel_par_action,
    replaceAll(toString(round(toFloat64(sum(montant)), 2)), '.', ',') AS montant_label,
    any(devise)                                           AS devise
FROM
(
    SELECT
        ticker,
        id,
        any(cash_amount) AS montant,
        any(currency)    AS devise
    FROM global_markets.stocks_dividends
    WHERE ticker IN ('O', 'KO', 'AAPL', 'PG', 'MO')
      AND ticker NOT IN ('SPCX')
      AND ex_dividend_date >= '2025-01-01'
      AND ex_dividend_date <  '2026-01-01'
      AND cash_amount > 0
    GROUP BY ticker, id
)
GROUP BY ticker
ORDER BY versements DESC, ticker
Essayez cette requête

Le payeur mensuel du panneau concentre 13 versements sur l'année, pour 3,49 par action au total, là où les payeurs trimestriels en alignent 4. Les montants sont exprimés dans leur devise de distribution (USD) ; la mécanique fiscale française, elle, s'applique au brut converti en euros par l'établissement payeur. Les distributions de source étrangère ajoutent une retenue dans le pays du payeur puis un crédit d'impôt conventionnel, un sujet distinct qui sort du périmètre de cette page. Le brut lui-même bouge d'un exercice à l'autre chez les sociétés qui relèvent leur dividende chaque année, ce qui suffit à redéplacer l'arbitrage d'une déclaration à la suivante.

Du détachement à la mise en paiement

La date de détachement désigne qui touche le dividende. Le paiement arrive quelques jours plus tard, et c'est lui qui déclenche la retenue. Le panneau suivant mesure cet écart, versement par versement, sur trois années d'un grand payeur trimestriel.

RequêteÉcart entre détachement et mise en paiement, 2023 à 2025
date_detachementdetachement_labelpaiement_labeldelai_jours
2023-03-1616/03/202303/04/202318
2023-06-1515/06/202303/07/202318
2023-09-1414/09/202302/10/202318
2023-11-3030/11/202315/12/202315
2024-03-1414/03/202401/04/202418
2024-06-1414/06/202401/07/202417
2024-09-1313/09/202401/10/202418
2024-11-2929/11/202416/12/202417
2025-03-1414/03/202501/04/202518
2025-06-1313/06/202501/07/202518
2025-09-1515/09/202501/10/202516
2025-12-0101/12/202515/12/202514
Le SQL exact derrière chaque chiffre
SELECT
    toString(date_detachement_d)                             AS date_detachement,
    formatDateTime(date_detachement_d, '%d/%m/%Y')           AS detachement_label,
    formatDateTime(date_paiement_d, '%d/%m/%Y')              AS paiement_label,
    dateDiff('day', date_detachement_d, date_paiement_d)     AS delai_jours
FROM
(
    SELECT
        id,
        any(ex_dividend_date) AS date_detachement_d,
        any(pay_date)         AS date_paiement_d
    FROM global_markets.stocks_dividends
    WHERE ticker = 'KO'
      AND ex_dividend_date >= '2023-01-01'
      AND ex_dividend_date <  '2026-01-01'
      AND cash_amount > 0
      AND pay_date > ex_dividend_date
    GROUP BY id
)
ORDER BY date_detachement_d
Essayez cette requête

Sur ces 12 versements, le détachement du 16/03/2023 a été payé 18 jours plus tard, et celui du 01/12/2025 au bout de 14 jours. Le cours, de son côté, s'ajuste dès le détachement : la mécanique est décrite dans la baisse du cours le jour du détachement.

Ce décalage a une conséquence de calendrier en fin d'année. Un dividende détaché en décembre et mis en paiement en janvier relève de l'année d'imposition suivante, celle du paiement.

RequêteDétachements payés l'année civile suivante, 2019 à 2025
yearversementspayes_annee_suivantepart_pctpart_label
201939167195855
202036207181355
20213840115844.14,1
20224033615483.83,8
20234157914123.43,4
20244414418944.34,3
20254907319964.14,1
Le SQL exact derrière chaque chiffre
SELECT
    toString(toYear(date_detachement_d))                                 AS year,
    count()                                                              AS versements,
    countIf(toYear(date_paiement_d) > toYear(date_detachement_d))        AS payes_annee_suivante,
    round(100 * countIf(toYear(date_paiement_d) > toYear(date_detachement_d))
          / count(), 1)                                                  AS part_pct,
    replaceAll(toString(round(100 * countIf(toYear(date_paiement_d) > toYear(date_detachement_d))
          / count(), 1)), '.', ',')                                      AS part_label
FROM
(
    SELECT
        id,
        any(ex_dividend_date) AS date_detachement_d,
        any(pay_date)         AS date_paiement_d
    FROM global_markets.stocks_dividends
    WHERE ex_dividend_date >= '2019-01-01'
      AND ex_dividend_date <  '2026-01-01'
      AND pay_date > ex_dividend_date
      AND cash_amount > 0
    GROUP BY id
)
GROUP BY year
ORDER BY year
Essayez cette requête

De 2019 à 2025, la part des détachements réglés l'année civile suivante reste stable d'un exercice à l'autre : 4,1 % des 49073 distributions détachées en 2025, contre 5 % en 2019. Un foyer qui prépare sa déclaration compte donc les versements encaissés dans l'année, pas les détachements de l'année.

Notes de données et périmètre
  • Les taux fiscaux sont posés en tête du premier panneau et correspondent au droit en vigueur en octobre 2026 : 12,8 % d'impôt forfaitaire, 17,2 % de prélèvements sociaux, 40 % d'abattement, 6,8 % de CSG déductible.
  • Le calcul laisse de côté la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ainsi que les frais et droits de garde déductibles au barème, qui jouent chacun à la marge sur le seuil de 24,1 %.
  • Les panneaux de calendrier portent sur de grandes valeurs cotées hors de France, dont l'historique de distributions couvre la période entière retenue. L'écart entre détachement et paiement et la règle de l'année de mise en paiement obéissent à la même mécanique sur Euronext Paris, où le paiement suit le détachement de quelques jours ouvrés.
  • Les montants par action sont bruts, avant toute retenue, et libellés dans leur devise de distribution.
  • Le plan d'épargne en actions suit un régime distinct : les dividendes encaissés dans l'enveloppe échappent à l'impôt sur le revenu, et les prélèvements sociaux frappent le gain au retrait. Cette page traite le compte-titres ordinaire.

FAQ

Le PFU à 30 % est-il prélevé automatiquement sur les dividendes ?

Oui. L'établissement payeur retient 12,8 % d'acompte et 17,2 % de prélèvements sociaux à chaque mise en paiement, sauf dispense demandée dans les délais pour la part d'acompte. L'imposition définitive est arrêtée l'année suivante, au vu de la déclaration de revenus.

À partir de quelle TMI le barème progressif devient-il plus favorable ?

Tant que la TMI reste sous 24,1 %, l'impôt sur le revenu calculé au barème sur 53,2 % du brut reste inférieur aux 12,8 % forfaitaires. En pratique, le barème garde l'avantage dans les tranches à 0 % et à 11 %, et le PFU l'emporte à partir de la tranche à 30 %.

L'abattement de 40 % s'applique-t-il avec la flat tax ?

Non. L'abattement de 40 % et la fraction déductible de CSG de 6,8 % n'existent que dans le régime du barème progressif. Sous PFU, les 12,8 % portent sur le dividende brut, sans réduction de base.

Peut-on choisir le barème une année et le PFU l'année suivante ?

Oui. L'option se coche chaque année sur la déclaration, case 2OP, et ne vaut que pour cette année. Elle reste en revanche globale : pour l'année concernée, elle couvre tous les revenus de capitaux mobiliers et toutes les plus-values du foyer.

Comment demander la dispense de l'acompte de 12,8 % ?

En adressant une attestation sur l'honneur à chaque établissement payeur avant le 30 novembre de l'année qui précède le versement, sous condition de revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année : moins de 50 000 € pour une personne seule, moins de 75 000 € pour un couple. La dispense ne porte pas sur les 17,2 % de prélèvements sociaux.


Chaque panneau embarque la requête qui l'a produit : ouvrez le volet pour recompter ligne à ligne. Pour rejouer la comparaison avec vos propres montants et votre TMI, posez la question en français sur le terminal Strasmore.

#dividendes#fiscalité#france#pfu#compte-titres